La desserte en transport de la périphérie de Brazzaville, surtout aux heures de pointe et en période de pluie, constitue un véritable casse-tête chinois. Mus par l’appât du gain, les taxi-bus fixent le prix de transport à 250 au lieu de 150 F CFA. Au parking Angola libre à Makélékélé, les clients ont unanimement  laissé à la traine ces transporteurs véreux tout en huant sur eux.

mini bus à BZV

 

                                                  Les taxi-bus de Brazzaville

Le syndicat des transporteurs urbains de Brazzaville semble être déphasé sur certaines violations des droits des passagers à bord des taxi-bus. Aux heures de pointe et surtout en période de pluie, ces derniers subissent un véritable martyr de la part des transporteurs qui desservent la périphérie de Brazzaville. A défaut  des demi-terrains, ils fixent le ticket de transport à la somme de 250 FCFA.

Vivre dans les quartiers périphériques  à l’instar de Ngamakosso,  Massengo et Djiri au nord de Brazzaville et Mayanga, Madibou et Ngangalingolo au sud de Brazzaville devient plus qu’un délit. Au départ et au retour,  les passagers à destination du centre-ville doivent débourser au total un montant journalier de près de 1000 FCFA.  Débourser ce prix n’est peut-être qu’une partie de la manche et y accéder dans le taxi-bus, c’est peut-être le plus difficile, car la demande s’avère trop grande à l’offre. Ce qui pousse le plus souvent, les transporteurs à pratiquer la surenchère.

Trop, c’est trop, se sont exprimés les clients du quartier Mayanga, dans l’arrondissement 8 Madibou, dans la soirée du 22 mai dernier, au parking Angola libre, où ils ont donné un carton rouge au taxis-bus véreux  proposant le ticket de transport au prix de 250 FCFA. La décision exécutée unanimement et scrupuleusement a porté ses fruits. A défaut de changer de destination, les taxi-bus ont fini par revenir à la raison, celle de ramener le prix à 150 FCFA.

Cette attitude de révolte des habitants du quartier Mayanga  est plus qu’appréciable et devrait servir d’exemple pour les autres congolais de la périphérie qui continuent à subir le martyr des transporteurs véreux. Dans les autres pays africains, à l’instar de la Tunisie l’augmentation du prix du pain avait provoqué une révolution. C’est pour autant dire que,  tout devrait aller de pair avec le pouvoir d’achat. Or, au Congo c’est la cour du Roi Petaud où les lois sont souvent  allègrement volées sans que cela n’attire la moindre attention.

Normalement, ce travail est dévolu à la police qui devrait veiller aux grains pour mettre en fourrière les transporteurs qui mettent en péril les lois et règlements de la République. Pourtant, au lendemain de l'arréte municipale numero 172 du 24 février 2006 fixant les itinéraires de bus et minibus de la commune de Brazzaville un grand travail s'est fait à ce niveau, mais aujourd’hui les hommes en uniforme ont baissé les bras. On ne sait pas pour quelle raison. La même remarque est valable pour les services municipaux  qui n’accompagnent pas des décisions prises par un suivi et une évaluation.

La résolution du problème des demi-terrains et  celui du comportement véreux des transporteurs privés, on ne le dira assez, ne relève simplement que de la volonté politique. Il suffit à la municipalité de doter la ville capitale d’une société de transport urbain pour régler définitivement la situation des zones périphériques. En Afrique centrale, Brazzaville est l’une des villes dépourvue de transport public. Pourtant, au cours de la délibération sur la création d'une société de transport urbain à Brazzaville adoptée par le conseil municipal lors de sa 4ème session ordinaire en septembre 2009, il  a été fait état d’un protocole d’accord ou d’un partenariat avec une société ivoirienne de transport, mais une fois encore la décision tarde à se concrétiser et le statut quo est toujours de mise.