D’un coût global de plus de 500 milliards, la municipalisation accélérée du Pool, la plus chère de tous les départements jusqu’à présent, ne semble pas donner des résultats escomptés. Lors du lancement des travaux d’aménagement et de bitumage de la route Kinkala-Mindouli, en juin dernier, par le président Denis Sassou N’Guesso, une triste réalité a été observée dans le district le plus peuplé de ce département : Mindouli ressemble encore à un grand village.

communauté urbaine de Mindouli

                             Une vue partielle de quelques habitations de Mindouli

D’une population totale de 236.594 d’habitants, la communauté urbaine de Mindouli fait encore figure de parent pauvre, trois années après la municipalisation accélérée du département du Pool dont elle fait partie intégrante. En parcourant, de fond en comble, les 54 km du tronçon Kinkala-Mindouli en plein aménagement, le constat est amer : habitations rustiques, bâtiments administratifs dégelasses, grands édifices publics presqu’inexistants, sites touristiques abandonnés à leur triste sort, marché publics au décor crasseux. A vrai dire, la municipalisation n’est pas passée par Mindouli.

Tirant son origine d’un chef coutumier très influent nommé Mr Ndoulou dont la mauvaise transcription par les colons donna Mindouli, cette communauté urbaine, jadis grand bassin agricole, ne fait plus la fierté du Pool. Les journalistes qui ont eu l’estomac creux, après la cérémonie de lancement des travaux d’aménagement et de bitumage de la route n’ont pas pu trouver de quoi mettre sous la dent, si ce n’est les boîtes de conserves achetés chez les westafs. Le manioc, la banane plantain, aliments de base dans le Pool,  portés également disparus tout le long du tronçon.

Une triste  réalité  qui est en déphasage avec les richesses de cette communauté, pourvoyeuse pendant les événements sociopolitiques de 1997-1998 des produits divers qui ont permis aux populations du Pool et ceux qui ont fui la guerre,  provenant des autres départements, de se ravitailler à la mesure de leurs possibilités.  Alors, où est passé l’huile de palme, les arachides, le riz, les haricots qui attiraient, jadis, du beau monde du Congo et même de la RDC ?

Non, Mindouli mérite mieux. La nécessité pour les pouvoirs publics de colmater les brèches est plus qu’ un devoir. D’abord, la remise sur orbite de l’administration en lui offrant des bâtiments dignes de nom, et ensuite en procédant à l’affectation des cadres pour rehausser l’image de ce district ternie.  Avec ses 17 habitants au km2 repartis en 12 quartiers, une véritable politique de logement doit être à l’étude, pour redonner confiance à la population dont la plupart des habitations connait encore les stigmates de la guerre. Lors de la rencontre citoyenne du Pool, les populations désemparées n’ont pas manqué de traduire leur rals- le bol au président de la République.

Après avoir proposé  la transformation du canton de Mouanda-Mboungou en district,  Gaston Malanda, s’est plaint que les habitants de la circonscription 2, notamment, les Bahangâla, plus proche du Niboland, soient traités comme appartenant à la Bouenza et que aucun projet de la municipalisation retenu, ayant trait à la réhabilitation des pistes agricoles, n’a connu un début de réalisation, a-t-il martelé.   Et à Gomez Mackanda, l’ancien administrateur-Maire de Bacongo d’en foncer le clou : «  Ce que je vous demande, monsieur le président  c’est de traquer vos collaborateurs qui détournent l’argent des projets.»

Il a cité, au passage, quelques réalisations qui ont fait la pluie et le beau temps, mais  tombées en désuétude aujourd’hui. Il a reconnu que, depuis la fermeture de « Mpassa Mines », la route s’est complètement dégradée, tout en relevant  qu’il fallait un véritable parcours de combattant pour joindre, par les artères de la RN1, Loubomo, Nzoungou-Kimbangou et les plateaux Badondo.  

A noter que, aujourd’hui 4 heures du temps suffisent pour atteindre Mindouli en quittant Brazzaville. Une occasion pour les populations de mettre la main à la patte pour produire davantage, afin que la pénurie du manioc constatée dans les marchés de la ville capitale ne devienne plus qu’un vague souvenir. Aussi, l’axe routier Kinkala-Mindouli qui constitue, un des maillons des routes économiques du Congo, est un viatique pour les pouvoirs publics de développer le made in Congo économique et de créer les conditions pour un meilleur  développement des villes et campagnes.