L’eau de la SNDE devient une denrée rare à Mayanga, dans le 8 ème arrondissement Madibou de Brazzaville. Un véritable chemin de la croix pour les habitants qui sont obligés de serpenter  collines et vallées pour s’approvisionner en eaux de puits et des étangs, à leur risque et péril.

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                   L'eau de forage, la solution idéale contre les penuries incessantes de la SNDE  ( photo journal Debrazza.com)

Cela fait déjà une semaine que les robinets de la SNDE sont secs au quartier Mayanga. Gustavine Baloki et Jean Dominique Malela, maître DOM pour les intimes, un couple vivant à Ngampoko, à quelques encablures du château d’eau du terminus, se sont réveillés de bonne heure pour parer à cette éventualité. Dans leur quête, ils ont croisé d’autres personnes avec des bidons de 25 litres pour les mêmes soucis.

Arrivés dans une parcelle située  aux abords de la route des dalettes, dans la zone de «  lac bleue » où les certains habitants du quartier s’approvisionnent régulièrement en eau de la SNDE, le propriétaire,  Valentin Diambomba, l’un des premiers  occupants du quartier, leur donne l’information qu’ils ignorent : « Le conduit de la SNDE desservant les quartiers de l’arrondissement 8 Madibou et Nganga-Lingolo, dans le district de Goma Tsé-tsé, s’est coupé en deux au niveau du camp Makala. Les travaux de réparation n’ont pas encore commencé, ce qui fait que la situation de pénurie d’eau pourra aller jusqu’à un mois ou plus. »

Dans le groupe, une personne s’est exclamée «  pourquoi la SNDE peut-elle garder silence pour une aussi grave situation oubliant que l’eau c’est la vie et à une autre d’ajouter « c’est incroyable qu’un pays comme le Congo riche en réseau hydrographique puisse connaître des situations de pénurie d’eaux aussi criardes sans que cela n’inquiète les pouvoirs publics. »

L’eau de la SNDE faisant défaut, le couple Gustavine et Maître Dom  se tourne vers les forages, sauf que le seul forage du quartier « Lac Bleu »  était saturé et il fallait s’aligner comme à l’école primaire pour avoir voie au chapitre moyennant quelques pécules de francs CFA. Mais, ici la particularité, ce sont les bagarres permanentes, surtout entre les femmes, car souvent les problèmes de première et deuxième bureau, ainsi que d’autres conflits en sourdine dans le quartier trouvent leur règlement là.

Ne voulant pas rentrer berdouille à la maison, le couple décide, avec quatre bidons de 25 litres, de serpenter les vallées et les collines pour l’eau du puits et des étangs. Arrivé sur place, le scénario ést des plus rocambolesques : femmes ou jeunes filles à moitié nues ; les unes faisant la vaisselle, les autres la lessive, le tout dans un environnement insalubre ou odeur de matières fécales et celle des ordures ménagères déposées par les riverains forment un parfum insupportable pour ceux qui y arrivent pour la première fois dans ce lieu où la présence d’un serpent est signalée chaque 72 heure.

Comme on le voit, les populations du quartier Mayanga vivent au ralenti. Elles sont privées depuis une semaine de l’eau potable de la SNDE et cette éventualité ne manque pas de conséquences. Des cas de noyade sont signalés chaque jour dans la rivière Djoué et à Ngampoko, le lac dénommé « L’eau Bombon » ne cesse de faire des victimes aux enfants de moins de 10 ans.

Il n’est plus un secret pour personne que les installations de la SNDE ont vieilli, car datant pour la plupart de la périod colonaiale et cela n'est un secret pour personne, Mais lorsque des situations ou des problèmes occasionnant des ruptures arrivent, la moindre des choses, c’est d’informer la population pour ce désagrément  afin que des solutions de rechange soient trouvées et surtout que le Congo se trouve dans la zone intertropicale où il pleut abondamment. Ne fusse que la conserver aussi longtemps possible et dans les meilleures conditions peut aider les populations  à braver le syndrome chronique de pénurie d’eau. Avec la nouvelle république, les pratiques anciennes doivent être vouées aux calendes greques.