Décor crasseux, places publiques insalubres, absence notoire des objets scintillants dans les grandes avenues comme en 2015 , ambiance morose dans les marchés… voilà l’image que présente Brazzaville à  4 jours de la fête de la nativité et à 10 jours de la Saint Sylvestre. Le ministère du tourisme et des loisirs a tenté de sauver les meubles avec le marché de Noel , érigé depuis le 17 décembre dernier, sur le prolongement du Boulevard des armées "général Alfred Raoul" au niveau de la forêt de la Patte d’oie, à quelques encablures du stade Alphonse Massamba Debat.

le marché de Noel du ministere du tourisme

  Le marché de Noel du ministère du tourisme, le seul qui annonce les couleurs  à Brazzaville ( Photo les Echos de Brazzaville)

C’est avec une vieille robe que Brazzaville, la capitale du Congo, célèbrera les fêtes de fin d’année.A comparer à 2015, le fossé est large et les congolais s’interrogent et continuent à s’interroger sur le pourquoi de ce manque d’attention du conseil départemental et municipal de Brazzaville sur la ville capitale, à l'orée de ces moments festifs et de grandes rejouissances.

En 2015, l’on se souviendra à un mois des  fêtes de fin d’année,  sur chaque poteau d’éclairage public était suspendu des guirlandes multicolores qui, la nuit venue, brillaient avec éclat et la magie des lumières faisait en sorte que, Brazzaville baigne dans ses  couleurs traditionnelles vert, jaune et rouge et dans les lieux publics, les amoureux de belles images tentaient d’immortaliser ces instants précieux pour la postérité. Brazzaville brillait, alors, comme de l'or, la nuit se confondant parfois à la lumière du jour et  au CCF, à l'époque, un panneau lumineux  rendait le paysage beau à la tombée de la nuit.

Des feux d’artifices s’échappaient de nuit dans le ciel étoilé, ce qui suscitait de la part des enfants admiration et goût des fêtes de nouvel an, le tout arrosé par l’ambiance des parcs d’attraction, des kermesses à travers les quartiers et la mobilisation des associations pour la distribution des jouets aux orphelinats et aux petits enfants à coup des campagnes médiatiques et dont Télé Congo, la chaine de service publique assurait le relai dans ses éditions du jour.Moment aussi juteux pour les journalistes, car les grandes rédactions  des journaux, jouissant d'une certaine notoriété dans la capitale, manquaient même des reporters pour la couverture des cérémonies de remise des jouets.

L' effet de mode aidant Députés, Sénateurs, conseillers départementaux et municipaux se mobilisaient, comme un seul homme,pour ratisser large dans leurs circonscriptions électorales respectives pour être au chevet des personnes de 3ème âge, des orphélins et autres couches déséritées de la population.

Autres temps, autres mœurs, dit-on, la rupture ou la nouvelle République est venue tout changée, même dans les marchés ce sont des grincements de dents. Les commerçants se plaignent sur la rareté des clients et  à leur tour, ces derniers dénoncent la cherté des jouets et autres objets de fête. Un doigt accusateur est pointé sur la chute des cours de pétrole et de la crise économique qui, semble-t-il, sont venues changer les habitudes des consommateurs congolais.

Selon une opinion bien indiquée, la fête ne peut pas être belle lorsque les autres enfants du Congo sont sous le coup des violences, du messianisme grégaire et du terrorisme perpétrés par les ex-combattants. La bible ne renseigne-t-elle pas que lorsque la maison du voisin brûle, il faut y apporter de l’eau. Cette soi-disant indifférence de certains congolais face à ces fêtes de fin d’année serait une façon, pour eux, de compatir à la douleur des enfants du Pool pris en otage par le pasteur Ntoumi et sa bande.

Certainement, ce sont les mêmes motivations qui guident le conseil départemental et municipal de Brazzaville, car comment comprendre le parc d’attraction Luna Park, à Potopoto continue à garder un décor crasseux.  Même si le ministère du tourisme a tenté de sauver les meubles avec la kermesse de  l’esplanade du stade Alphonse Massamba Debat, avec pour  activité dominante les « Malewa », ces restaurants de fortune des grillades des produits congélés et surgélés, le sexe et l'alcool à gogo.

A moins d’un dernier sursaut des autorités municipales, la ville de Brazzaville semble vivre au ralenti ces périodes de fête,  De Djiri à Madibou, en passant par le centre-ville, potopoto, Bacongo et Makélékélé, le show comme on a l’habitude de le vivre, ne s’annonce pas chaud. Les réveillons de Noël et de la Saint Sylvestre risquent d’être célébrés sans cachet particulier.Pourtant, les autorités ont pris des précautions necessaires pour sécuriser ces fêtes, avec le renforcement de la présence policière dans les points stratégique par le biais de l'oppération Uppercu+ lancée le 16 décembre dernier par la direction de la police. Ce, pour éviter la resurgence dans la capitale des attaques qui ont lieu dans le Pool.