Plus d’un an après le déclenchement de la crise du Pool, la situation alimentaire des déplacés est des plus dramatique dépassant le seuil d’urgence de 15% établi par L’OMS. Ces observations découlent du rapport d’évaluation rapide de la situation alimentaire et nutritionnelle des déplacés du Pool sur les études réalisées conjointement par le gouvernement congolais et le système des nations unies, du 11 au 18 mai 2017, dans certaines localités du département du Pool et celui de la Bouenza.

assistance humanitaire dans le Pool

           L'assistance du gouvernement congolais aux déplacés  du Pool ( photo d'archives)

Ce rapport de 11 pages illustrés par une cartographie des zones d’accueil des déplacés, des tableaux récapitulatifs sur la situation alimentaire et nutritionnelle et des graphiques sur le niveau de pauvreté et de la situation alimentaire avait pour objectif de compléter les informations secondaires existantes avec une collecte de données primaires au niveau des ménages sur la situation alimentaire et nutritionnelle de la population déplacée dans les zones accessibles.

Après avoir mis en relief le contexte et justification de cette enquête, la méthodologie, les limites de l’enquête et les principaux résultats obtenus, l’enquête a mis le cap sur la conclusion et les recommandations. Il ressort que, le taux de malnutrition aigue  global est de 17,3% et que la situation nutritionnelle qui prévaut actuellement parmi les enfants des populations déplacées dépasse le seuil d’urgence de 15% établi par l’OMS et constitue une urgence nutritionnelle.

La précarité de la situation alimentaire, souligne le rapport, y contribue pour beaucoup puisque globalement plus d’un ménage déplacé sur deux est en insécurité alimentaire sévère ou modérée. La population hôte n’est pas aussi épargnée avec « près d’un ménage sur trois en insécurité alimentaire ou sévère (30% ) » note le rapport qui précise que le taux de malnutrition chronique dépasse 25% (plus d’un enfant de moins de 5 ans sur 4) aussi bien parmi les enfants des ménages déplacés que parmi ceux de la population hôte.

Ces derniers taux, selon l’enquête,  traduisent également des problèmes cumulés d’accès aux soins de santé, d’hygiène d' assainissement, d’alimentation et bien d’autres qui méritent des solutions de long terme.

En guise de recommandation,  un total de sept secteurs a été identifié en fonction des besoins des déplacés tout en mettant un accent particulier sur l’éducation,  le système de la sécurité alimentaire nutritionnelle et le renforcement des interventions entre le gouvernement, le système des nations unies et les ONGs.

Dans l’ensemble,  il a été suggéré l’élargissement  des programmes de cantines scolaires aux écoles des zones d’accueil  dés déplacés pour améliorer l’état nutritionnel des enfants dans l’immédiat ; la mise en place d’un système de suivi pour la collecte et l’analyse des données sur les indicateurs nutritionnels, les prix sur les marchés et la sécurité alimentaire au niveau des ménages.

Aussi, une meilleure coordination est-elle à rechercher pour assurer une meilleure efficacité et complémentarité des actions  tant au niveau central que sur le terrain.  Elle vise principalement à renforcer l’action du gouvernement, du système des nations unies élargie aux ONGs pour une évaluation multisectorielle plus approfondie de la situation humanitaire des déplacés du département du Pool puis assurer la visibilité des actions du ministère de tutelle et des autorités locales.

A noter que, selon le rapport d’évaluation, la Bouenza est le département qui a plus reçu des déplacés provenant du Pool, soit 28.535 personnes. Elle est talonnée de près par Brazzaville et  les autres localités du Pool   avec respectivement 28.090 et 24.404 déplacés.