Des grincements de dents  dans le district de Yaya. La population reclame la construction d’un pont sur la rivière Louéssé afin d’éviter des tracasseries causées par le bac de type mécanique qui les exposent à des éventuels accidents si l’on y prend garde.  Une situation qui porte préjudice à l’écoulement de la production paysanne vers la commune de Mossendjo et d’autres localités du Congo.

bac rivière louéssé

 

       Une vue partielle du bac sur la louéssé

Le Congo dispose d’un riche réseau hydrographique et parmi les affluents du fleuve  Congo, le deuxième fleuve le plus puissant du monde après l'Amazone, figure le Niari qui prend sa source dans l’est du pays recevant les eaux de la Bouenza, son principal affluent et de la Loudima où il effectue une grande boucle vers le nord, pour contourner le massif du Mayombe. La Louéssé long de 200 km prend sa source dans le massif du Chaillu, près de la frontière de du Congo avec le Gabon et rejoint le Niari au sommet de sa boucle près de Makabana.

Selon la semaine Africaine, dans sa rubrique «  Coup d’œil en biais » publiée, le 18 octobre dernier,  les populations du district de Yaya éprouveraient de nombreuses difficultés pour écouler normalement leur production vers d’autres destinations du département, semble-t-il, à cause du manque de pont sur la Louéssé. La traversée de cette rivière, poursuit la même source, se fait par bac, mais « c’est un bac d’une autre époque…qui avait été mis à l’eau par l’ex-RNTP (régie national des travaux publics), à l’époque du président Marien Ngouabi. »

L’exploitation de ce bac, poursuit  la source, reste mécanique. Pour le tirer, les jeunes désœuvrés usent de leurs muscles ; Mais « s’exposent parfois à des risques d’accident notamment quand les câbles cèdent. Ils n’ont pas les moyens nécessaires pour l’entretien. »

Ces cris de cœur de la population de Yaya qui interviennent 11 ans  après la municipalisation accélérée de Dolisie est la preuve qu’il faut  un nouveau cycle  de la politique de modernisation des villes et centres urbains.  Le district de Yaya, au regard, du tableau des réalisations semble être parmi les grands oubliés. Néanmoins, quelque chose a été fait  dans le département, mais des efforts restent encore à faire.  

Le département a pu quand même bénéficier d’une panoplie d’infrastructures notamment les chaussées aéronautiques de Dolisie, l’aérogare de Dolisie, le lycée d’excellence de Mbounda, le grand hôtel de Dolisie, l’hôpital de Dolisie, des équipements sanitaires, l’avenue de la Louéssé à Mossendjo, la route du Gabon dans le Niari, le stade Denis Sassou N’Guesso à Dolisie, la gare routière de Dolisie, pour ne citer que ces réalisations.

Certes, le contexte économique morose constitue un frein pour la réalisation des grands chantiers présentement , mais certainement les cris de la population de Yaya ne sont pas tombés dans les oreilles de sourd. Le plus important en cette période  difficile est de préserver les acquis. Les cadres, ministres, et autres personnalités de bonne volonté ainsi que les partenaires au développement sont là interpellés. C’est aussi l’occasion d’attirer l’attention des jeunes qui, pour régler les comptes à des régimes politiques,  s’acharnent sur les infrastructures existantes , oubliant qu'ils creusent la tombe de l'enclavement .

La traversée par bac sur la Louéssé n’étant pas gratuite, les gestionnaires ont l’obligation aussi de rendre compte pour permettre le renouvellement de l’outil.  Si le coût du passage varie selon le gabarit du véhicule : 15000 CFA et 25000 CFA pour les gros véhicules, avec un peu de transparence dans la gestion, on peut déjà régler le problème de l'achat du câble

Aujourd’hui, c’est le district de Yaya qui ne sait plus à quel saint se vouer, au regard de  l’état critique du bac sur la Louéssé,  demain peut-être ce sera Mindouli ou une autre partie du Pool qui connaîtra les problèmes de mobilité. Quel que soit, la nature des revendications, il est plus qu’aberrant de détruire les infrastructures économiques qui soutendent le développement. Filles et fils du Pool épargnez le moteurs développement des folies guerrières.