Un homme de 23 ans tué à Djiri, neuvième arrondissement de Brazzaville, un butin de près de deux millions de FCFA volé à Matour, premier arrondissement de Brazzaville. Tel est le bilan des attaques perpétrées par des bandits armés respectivement, les 13 et 19 février 2018, dans la ville capitale. Un droit accusateur est pointé à l’endroit du personnel auxiliaire de la police radié des effectifs des hommes en uniformes.

février 2018

       Une opération de police à Brazzaville

Hier ternie par des auxiliaires sans foi ni loi, l’image de la police congolaise a retrouvé son éclat d’antan. Les Bj et les patrouilles ne font plus peur à la population. Les mamans commerçantes, les chauffeurs, les couples nocturnes ne sont plus passibles de la furia de ces auxiliaires qui balayaient tout sur leur passage.

Recrutés sur des bases subjectives, ils étaient de véritables antichambres de la paix, de la quiétude et pour semer davantage de trouble à l’ordre public, ces auxiliaires ont inventé certaines infractions qui n’existaient que dans leur tête. Pour rançonner davantage, ils commençaient à parler de « défaut de taille » ; de « défaut de coiffe »  j’en passe.

Excédé par leurs actes qui sont de nature à détériorer les relations de la police avec les populations et sensible aux plaintes des populations, le directeur général de la police, le général  Jean François Ndéngué, a tout simplement demandé aux commissaires de police de mettre à la porte tous les auxiliaires qui sont sous leurs ordres. Il a également promis des sanctions aux contrevenants.

   Une radiation ouvrant la boîte de pandore

Un doigt accusateur est pointé en direction de ces auxiliaires de police qui, selon certaines indiscrétions, seraient à l’origine des actes de braquage perpétrés à Brazzaville. Ne sachant plus à quel saint se vouer après leur radiation, ils excellent dans le vol, le braquage, ajoute la même source.

Un avis que tout le monde semble partager, même si le modus opérandi de ces criminels n’obéit pas à la même tactique et au même mobile. La nuit du 18 au 19 février 2018, des bandits armés de kalachnikov, cagoulés et, pour certains chaussés de Rangers, ont fait irruption dans la parcelle d’un pasteur d’église de réveil, la nuit, aux environs de 23h, au quartier Matour, à Makélékélé (l’arrondissement n°1 de Brazzaville).

Ils ont défoncé la porte à l’aide d’une pioche, sont entrés dans la maison et ont vite maîtrisé le propriétaire. Il ne leur restait plus qu’à s’emparer de tout ce qui les intéressait: argent, appareils électro-ménagers, habits, etc. Somme volée: 1.800.000 francs CFA, selon l’épouse de l’infortuné  qui était absente au moment des faits. Les malfrats ont embarqué leur butin dans un véhicule et ont disparu dans la nature non sans tirer des coups de feu en l’air.

Au paravent, le 13 février, vers 23h, un groupe de bandits avait tué un jeune homme de 23 ans, pourtant leur ami semble-t-il, à la suite d’une rixe confuse pour une histoire d’argent, au quartier Don Bosco, à Djiri, le neuvième arrondissement de Brazzaville. Etant seul contre tous, l’infortuné a pris la fuite et trouvé refuge à son domicile. La meute s’est mise à ses trousses et c’est un des membres du groupe qui a fini par le poignarder au cou et à un œil.

       Des responsabilités partagées

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que cette recrudescence des vols à main armée et des actes barbares ne puissent mettre entre parenthèses la libre circulation des personnes et des biens au moment où la crise économique n’épargne personne. Mais, un est vrai l’Etat a également une part de responsabilité. En dépit de leur comportement malsain, ces auxiliaires ont quand même rendu des services à l’Etat. Il fallait chercher d’autres mécanismes  et voies de sortie pour éviter des frustrations.

Leur radiation, a été réclamée à cor et à cri, mais on pouvait également penser à leur formation ou à leur insertion socioprofessionnelle pour qu’ils continuent à servir le pays d’une manière ou d’une autre. Au pouvoir public d’étudier la question avec acuité pour que le brazzavillois puisse librement vaquer à ces occupations. Car comme nous renseigne la sagesse africaine, un ventre vide n’a pas des oreilles. Au moment où, la situation du Pool est en voie de connaître son épilogue, point n’est plus besoin que les populations déplacées de retour dans leurs villages respectives puissent rencontrer sur leur chemin ces auxiliaires radiés déguisés en coupeurs de route.

En somme, le problème de recrudescence des vols et braquages à main armées ne devait pas être regardé sous un angle étroit. Au même moment où il faut durcir ou renforcer les mesures de sécurité, il serait également de bon aloi que des solutions soeint imaginées ou trouvées pour tous ceux qui  ont manié les armes, à quelques niveaux que ce soient, pour que la psychose observée au niveau des populations victimes de ces actes ne laisse pas libre cours à certaines attitudes ou comportements blâmables tels le refus des taxis et taxi-bus de désservir la zone reputée malsaine,les demi terrains,l'abandon des marchés et des écoles...