Les usagers de la RN1 peuvent désormais se frotter les mains. Les quelques barrages policiers qui ne leur permettaient pas de circuler librement , à partir de 21heures, appartiennent désormais au passé.  Chauffeurs, clients… goûtent,  depuis une semaine, aux délices  de la libre circulation. Mais, le gel encore d’autres moyens de transport  est loin de favoriser la libre circulation des personnes et des biens surtout aux riverains de la rivière Djoué.

adiac libre circulation à Brazza

     La libre circulation dans certains coins de Brazzaville, une réalité palpable (photo Adiac)

Ouf de soulagement des taxis, taxis-bus, véhicules des particuliers et motocyclistes, plus question de restrictions et de tracasseries policières, à partir de 21heures jusqu’à l’aube, sur la RN1 et ses diférentes brételles.

Les automobilistes en provenance du marché total de Brazzaville à destination de Ngangalingolo et de Sangolo-Mayanga subissaient un véritable chemin de la croix de la part  des hommes en uniformes.  Du marché Bifouiti, au pont du Djoué,  à Mafouta et  à Ngangalingolo, ils devraient s’arrêter pour subir des fouilles systématiques accompagnées d’un pourboire. De même, sur la bretelle Sangolo-Mayanga, au niveau de l’arrêt  Mbemba Landou, si la fouille n’était pas d’actualité néanmoins le pourboire fut un droit et gare aux récalcitrants.

Les grandes victimes étaient les clients qui faisaient les frais de ces rançonnages  et qui voyaient leur ticket de transport multiplier parfois par deux. Bravo donc aux autorités congolaises qui ont perçu le danger à temps. Plus question des barrages, ce qui conforte à grands traits patrons des bus et taxis-bus qui ne se posent plus de questions sur la recette journalière et les clients qui se déplacent désormais à moindre coût, avec un assouplissement du phénomène de demi-terrain.

       Deux poids, deux mesures

Cette mesure salvatrice saluée favorablement par les habitants de la capitale comblera toutes les attentes si et seulement si tous les barrages policiers sont levés. Les populations du quartier Ngampoko continuent à déplorer la présence massive des hommes en armes. Ce qui ne permet pas  à ces dernières de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.

Sur la route poids lourd Yie-Mindouli, de nombreux barrages persistent encore et les usagers continuent à vider leurs poches, en cas de manque de pièces d’identité, pour payer l’effort de guerre. Et  sur la route Linzolo-Boko, bretelle de la RN1 à Ngangalingolo, l’on signale également quelques barrages, ce qui est loin de rassurer les déplacés de retour dans leurs villages respectifs. Il en est de même sur la RN1 avant d’arriver à Kinkala, chef-lieu du département du Pool où à Koubola, soumouna, Madiba...les hommes en uniformes font encore la loi.

Comme on le dit souvent, le voyage le plus long commence toujours par un premier pas, il est plus qu’urgent, au regard de la signature  de l’accord de cessation des hostilités entre le gouvernement et le pasteur Ntoumi, que soit créer les meilleures conditions de paix et de sécurité pour que la population ne se sente plus étrangère dans son propre pays.

Que cette mesure ne se limite pas seulement à la circulation routière, elle doit être également élargie à d’autres moyens de transport qui, depuis plus d’une année, ont reçu des cartons rouges de la part des pouvoirs publics. On peut citer, entres autres, la traversée par pirogue sur la rivière Djoué, qui demeure encore interdite.

En somme,  la levée de quelques barrages sur la circulation routière au sud de Brazzaville a une plus-value considérable, en termes de gain de transport et des prix des denrées alimentaires. L’arrondissement 8 Madibou dont les ¾ de la population vivent du travail de la terre et des activités informelles retrouvera toutes ses lettres de noblesses avec la levée de tous les barrages policiers et surtout la réouverture de la traversée sur le Djoué,  transport par excellence, en termes de gain surtout pour les riverains .