Le quartier Mbouono, dans le 8 ème arrondissement de Brazzaville,  manque de tout. Pas de marché digne de nom, de collège d’enseignement général (CEG) et d’un hôpital. Une grande partie des terrains réservés pour la construction des édifices publics a été sauvagement spoliée. Au cours  de l’émission « Le Foncier  numéro 273», diffusée le jeudi 19 avril, à 21h30, sur les antennes de Télé Congo ; les responsables du département des affaires foncières et du domaine public ont promis récupérer ces biens pour les immatriculer au nom de l’Etat.

difficulté de desserte au quartier Mbouono (Photo Vox congo)

          Une vue de la principale voie desservant Mbouono (Photo Vox congo)

L’arrondissement 8 Madibou, l’un des derniers de la ville de Brazzaville avec Djiri, semble être en mauvaise passe. De nombreux quartiers  sont dans un état d’enclavement criard. Mbouono ne fait pas exception à la règle. Ici, il manque tout : l’école, l’hôpital, le marché et la route. Une thérapeutique de hoc est plus qu’une nécessité impérieuse pour que les élèves du collège ne parcourent plus de longues distances pour faire leurs études. Les CEG de Nganga Lingolo, de Madibou, de Mafouta, pour ne citer de ceux-là, qui les reçoivent sont plus qu’éloignées ; ce qui constitue un véritable calvaire pour ces apprenants qui sont obligés de couper parfois leur sommeil ne pas arriver en retard et rater les premières heures des cours.

Le manque  des établissements d’enseignement public n’est qu’un aspect de l’iceberg. Aussi par manque de route, la seule qui existe donnant accès  à la RN1 au niveau  du quartier « Faubourg » de Madibou, laisse-t-elle à désirer. Elle donne l’impression d'appartenir à l’ère moyenâgeuse, au grand dam des pouvoirs publics qui continuent à croiser les bras pour tout attendre du ciel. Les femmes qui vont accoucher à l’hôpital des sœur italiennes, l’une des structures sanitaires privées qui font la fierté du coin, pour ne pas subir le martyr de cette voie d’une autre époque sont obligées d’arriver à cet hôpital quelques jours en avance. Du faîte des foula-foula et des 100-100 qui ne desservent pas cette zone à cause de l'etat piteux de cette route qui n’a jamais fait l’objet d’entretien de la part des services des voiries de la Mairie de Brazzaville.

Les cris de cœur et les pleurs des populations de Mbouono ont trouvé du répondant de la part des pouvoirs publics. Depuis quelques jours, les services des affaires foncières et du domaine public sont à pied d’œuvre pour traquer jusqu’à leur dernier retranchements les spoliateurs des terrains cédés à L’Etat par le propriétaire foncier François Nkoutou pour l’érection d’un collège public, d’un marché et d’un hôpital.  Au cours de l’émission « Le Foncier numéro 273 », des témoignages recueillis auprès de la famille de François Nkoutou et du chef de quartier de l’époque ont plaidé pour que leur quartier se dote des infrastructures de base. La réalité est que sur 24 parcelles réservées à l’Etat pour la construction du CEG, il ne reste que 8 parcelles encore non spoliées. Pour l’hôpital 6 parcelles étaient réservées de 20mx20 soit une superficie de 2000 m2., mais une grande partie a été également spoliée.

Selon les responsables des affaires foncières, il n’y aura pas de pitié pour les spoliateurs du domaine de l’Etat. Dans les plus brefs délais, une opération de déguerpissement sera menée pour remettre l’Etat dans ces droits. Aussitôt libérés, ces espaces seront immatriculés. Mais déjà des grincements de dents se font entendre auprès de la population concernée qui a lancé un cri d’alarme auprès des pouvoirs publics pour s’attaquer et sanctionner ces propriétaires fonciers véreux sans foi ni loi.

Certes, doter le quartier Mbouono des édifices publics permettra de désenclaver cette zone, pourtant qui bénéficie de la présence du fleuve Congo et de sa position de proximité du siège de l’arrondissement 8 Madibou. Ces édifices, à n’en point douter, sont des éléments structurants d’une ville. Notre souhait est ce déguerpissement pour cause d’utilité publique se passe selon les règles de l’art.  Il serait mieux de jouer à l’apaisement pour ne pas encore créer d’autres frustrations susceptibles de mettre à mal la paix chèrement acquise et dont le président Denis Sassou N’Guesso y attache du prix.