L’un des traits marquants de la ville de Brazzaville, en cette période de vacances scolaires, c’est les Kermesses. Ces « villages des festivaliers » comme on les appelle de coutume écument tous les arrondissements de la ville capitale. Mais, une chose reste à déplorer : les conditions hygiéniques et l’absence de l’autorité de l’Etat.

 

kermesse du stade Eboué

    Le village des festivaliers du stade Eboué brillant de mille feux

Actuellement les grandes avenues de la ville capitale sont pavoisées des banderoles annonçant l’organisation des « villages des festivaliers ». Du CEG Angola Libre à l’école primaire Kongo-DIA Moukouba à Makélékélé, Le cercle Sony Labou Tansi et le stade Nzabana Jadot, dit Igos, à Bacongo et le stade Eboué à Poto-poto et l’école primaire de l’avenue de la Paix à Moungali, pour ne citer que ceux-là, les stands sont déjà achetés  et il ne reste que quelques jours, pour certains sites d’ouvrir leurs portes, alors les autres sont déjà opérationnels, à l’image du stade Eboué.

Le stade Eboué, le stade Nzabana Jadot et le cercle culturel SONY Labou Tansi vibrent déjà à 100 à l’heure et tous les jours la bière coule à flots et les barbecues font monter des fumées et les week end les tombolas sont au rendez-vous. Les artistes, les professionnelles du sexe mettent à profils leur génie musical et leurs charmes pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Les vacanciers ont trouvé là des lieux de réjouissance pour oublier 9 mois de stress scolaire. Même s’ils n’auront plus l’occasion de tirer parti de ces aires de jeu occupés désormais par les stands.

A l’occasion de la demi-finale de la coupe du Monde, France-Belgique,  le site du stade Eboué a été pris d’assaut par nombreux des congolais pour suivre ce derby autour de la bière via les écrans géants.  Revenant de la RDC, Kalonji Tambwé y a été invité par ses amis et collègues de Brazzaville. A l’entrée du stade, les portiers lui exigent un ticket d’une valeur de 200 francs Cfa, mais son attention est attirée par une discussion entre le propriétaire d’un stand à qui, il était demandé de payer son ticket d’entrée et ce dernier avançait l’argument selon lequel, après avoir dépensé la somme de 250 000 F cfa pour l’obtention de son stand, il n’était nullement question de sortir quoi que ce soit  dans sa poche pour accéder dans l’enceinte du stade.

Une fois dans l’enceinte, Tambwé a comptabilisé, au moins une centaine de stands et le calcul rapidement fait, il s’est rendu  compte c’est une affaire florissante pour les organisateurs, bien que le prix de la bière locale n’ait pas changé.

Une seule chose à attirer son attention, l’absence presque des toilettes et les festivaliers étaient obligés de se tourner derrière les stands pour donner du vin aux crapauds. La nuit tombée, la brise du fleuve Congo mélangée à l’odeur des urines colore l’air respirée à Eboué et Tambwé a été conseillé par ses amis de savoir où mettre le pied pour ne pas  marcher sur une matière fécale. Une seule toilette a été prévue pour tout le site moyennant une pièce de 100 C cfa mais dans un état piteux. Les 3 heures qu’il a passé à ce « village des festivaliers », Tambwé n’a vu que deux personnes provenant de la direction des toilettes.

La principale interrogation de Tambwé, qui n’est d’ailleurs pas différente des autres festivaliers, est celle de savoir si ces kermesses sont-elles organisées par des particuliers ou bien par les services municipaux en partenariat avec le ministère du commerce ?

Au regard de la triste réalité observée, il est plus qu’une nécessité impérieuse de revoir la copie de ces kermesses pour créer un environnement plus sain où fait bon vivre, au lieu de faire fi des règles d’hygiènes, alors que les stands sont vendus à des prix exorbitants. Et puis pourquoi continuer à spolier ces patrimoines publics comme le stade Eboué et les établissements scolaires, alors que l’on pouvait aménager des espaces publics pour ce genre de « villages ».

A Kinshasa, ces kermesses ont été interdites cette année et pourquoi le Congo ne peut pas faire autant ? Car selon certaines indiscrétions, ce sont les individus qui se bourrent les poches au détriment de l’Etat. Et puis, ces kermesses devront être règlementées pour que cela profite à l’Etat à l’heure où les ses caisses sont vides suite à la crise qui frappe de plein fouet les économies qui ont pour soubassement l’or noir.