Le tourisme est aujourd’hui la première source de recettes d’exportation qui met en jeu des investissements considérables de capitaux. Au Congo, les potentialités touristiques sont l’ombre d’elles-mêmes, les pouvoirs publics n’y accordant aucune attention particulière. Au cours de la conférence participative organisée par « L’Initiative que nous voulons », le 4 août dernier à Dolisie, il a été prouvé que la 3 ème ville du Congo ne vend presque pas sa carte postale pourtant truffée des sites touristiques d’une beauté incomparable.

l'arbre de Brazza à Dolisie

  L'arbre De Brazza , un des sites touristiques de Dolisie

Véritable industrie génératrice des dévises dans plusieurs pays, le tourisme demeure un parent pauvre au Congo. Les sites touristiques, bien qu’en quantités et en qualités inestimables, ne suscitent aucune attention particulière de la part des pouvoirs publics et des touristes. Lors de la conférence participative de « L’initiative le Congo que nous voulons » , les Dolisiens ont dressé un tableau sévère sur les maux qui freinent l’éclosion de ce secteur dans leur ville qui a, pourtant, une vocation touristique et culturelle.

La réflexion, dans la capitale de l’or vert s’est articulée autour de trois axes notamment «  la forêt et le développement », « les gisements miniers » et « les potentialités touristiques » du Niari. Au regard du nombre d’intervenants, la question touristique a suscité plus de passion et d’enthousiasme de la part des Dolisiens et dolisiennes. Tous les compartiments impactant sur le tourisme, directement ou indirectement, ont été passés au peigne fin ; du sport à l’économie en passant par la culture, rien n’a échappé au grand public.

Alors, se sont interrogés certains Dolisiens, comment comprendre qu’après plus de 50 ans, que le premier congolais, sacré ballon d’or africain,  Paul Sayal Moukila,  n’ait pas une compétition sportive dédiée en son nom. Aussi, le stade Denis Sassou N’Guesso est-il en train de mourir, alors que c’est lui qui a abrité la finale de la coupe de de la CAF en 2012, une édition remportée par les Léopards de Dolisie, au détriment de Djoliba AC du Mali. Aujourd’hui, le tourisme à Dolisie se meurt par le manque de structures sportives, a souligné un ancien sportif qui a émis, par la suite,  le vœu de voir la réhabilitation du stade Denis Sassou N’Guesso.

En outre, pendant qu’il  y’avait le grand hôtel de Dolisie, se sont exprimés d’autres intervenants, sur l’axe Sossi, chaque week end, on enregistrait plusieurs touristes. Des travaux d’aménagement engagés sont arrivés à terme, sauf que l’ouverture de ce site de Sossi se fait toujours attendre.

Le tourisme n’étant qu’un secteur connexe au patrimoine, le problème est que dans le département du Niari, selon un intervenant,  il ya beaucoup de sites touristiques, mais pas des sites de patrimoines. «  Ces sites deviendront un jour des sites touristiques, mais il faut les aménager, et avant cela,  il faut les inventorier, parce qu’on a jamais inventorié les sites que nous avons à Dolisie », a-t-il ajouté et de préciser «  Jusqu’à ce jour, le Niari n’a pas un site touristique inscrit au patrimoine mondial, le seul site au niveau national qui a ce statut, c’est Nouabalé Ndoki que le Congo gère ensemble avec le Cameroun.  

Le site, c’est aussi l’organisation des festivals,  Dolisie étant à la croisée des chemins, cette ville, malheureusement, n’a pas un festival national.  «  Si nous organisons un festival à Dolisie, ce festival va entrainer l’arrivée de nombreux touristes à Dolisie .C’est pourquoi nous avons mis en place à Dolisie, une coordination de la renaissance culturelle de Dolisie » a précisé un haut cadre Dolisien.

Un autre intervenant a parlé de la piste des caravanes encore intacte tout en rappelant que la ville de Dakar tirait sa force de l’île de Gorée, un produit de la traite négrière. Il souligné que, plusieurs missions ont été effectuées pour prospecter cet environnement, mais sans résultat probant.

Comme on le voit, la carte touristique de Dolisie est très riche, il ne manque plus que la volonté politique pour booster ce secteur qui met en jeu des investissements considérables de capitaux tout en générant des revenus substantiels avec la création des emplois importants. Le tourisme représente 8% du produit intérieur brut Tunisien, alors que le Kenya a gagné 1,2 milliards de dollars en 2016 grâce au tourisme. De son côté, la Namibie a enregistré 1,57 millions d’arrivées de touristes étrangers  et la Zambie a enregistré 956.332 arrivées de touristes internationaux.

A l’heure actuelle où l’on parle de la diversification de l’économie, avec les fluctuations des cours de l’or noir, le Congo devrait désormais mettre le cap sur le tourisme qui demeure l’une des grandes industries du XXI ème siècle.