Le chemin de fer de la Comilog (compagnie Minière de l'Ogoué) desservant la ville de Dolisie à Mbinda sur une distance de 285km, construite entre 1959 et 1962, verra bientôt son réseau vieillissant modernisé avec l'électrification de toute la ligne.  L'annonce a été faite par le ministre des transports et de l'aviation civile, Fidele Dimou, au cours de la séance des questions orales au gouvernement avec débat qui a eu lieu, le 14 décembre 2018, à Brazzaville.

la ligne CFCO Mdinda Makabana

La ligne ferrée Comilog à Makabana (photo d'archives)

 Près de trois semaines après la reprise du trafic du CFCO, suspendu depuis 1998 pour la première fois et 2006 pour la seconde à cause du conflit armé dans le département du Pool avec notamment la destuction de nombreux ouvrages d'affranchissement, le gouvernement  vient d'annoncer une bonne nouvelle qui va , tant soit peu, soulager le calvaire des voyageurs et des commerçants .  Répondant à une question d'un député, au cours de la séance des questions orales au gouvernement avec débat, le ministre des transports et de l'aviation civile, Fidele Dimou, a annoncé, à grands traits, la modernisation et l'électrification de la ligne ferroviaire de la Comilog. Une électrification qui sera possible avec la mise en service , dans un proche avenir, du barrage de Sounda dans le département du Kouilou .

Cet engagement  sera t-elle respecté par le gouvernement ? D'aucuns se demandent déjà par quel coup de baguette magique, alors que la situation économique du congo est des plus moroses. Ce n'est pas une promesse de plus du gouvernement, car le manque d’investissement dans le réseau ferroviaire est souvent dénoncé sur les lignes Brazzaville-Pointe-Noire (510km) construite entre 1921 et 1934 et Dolisie-Mbinda (285km) construite entre 1959 et 1962.Ce qui est évident, c'est que la ligne de chemin de fer de la Comilog est agonisante et a besoin d'une therapeutique de choc. En effet,  la ligne Comilog gérée par le CFCO a bien du mal à entretenir son réseau vieillissant. Elle ne sert guère qu’à un trafic restreint pour des voyageurs avec un train mixte (voyageurs et fret) par semaine. Son écartement "normal" de 1,067 m , contre  1,435 m pour la voie gabonaise , ne permet pas un transport de charge plus important. 

L'exploitation de cette ligne a connu ses premièrs  déboires en 1991. Un terrible accident provoqua la mort d'une centaine de personnes, lors de la collision d'un train de voyageurs avec celui de la Comilog, le 5 septembre 1991, à Mvoungouti. Depuis lors, l'ensemble des installations sont abandonnées. Le téléphérique, les dispositifs très importants de Mbinda, de Makabana et Pointe-Noire sont désaffectés entraînant de très nombreux licenciements dont le contentieux n’est à ce jour toujours pas réglé..Le contexte a également changé. Depuis 1986, le chemin de fer Transgabonais (669 km) permet depuis Franceville de rejoindre la côte à Owendo (près de Libreville). Plus besoin de passer par le Congo !

Comme on le voit, la décision du gouvernement de moderniser la ligne de la Comilog est plus que salutaire pour les voyageurs et les commerçants en majorité qui ont assisté au dépérissement de leurs produits vivriers, des safous, de la banane, des légumes et autres fruits qu'ils ont dû vendre sur place à vil prix, question de récupérer tant soi peu le fonds de commerce, à cause des pannes incessantes et des déraillements chroniques et  qui se souviendront  avoir battu le record de parcourir à bord d'un train, 285 kilomètres en 3 jours.Cette modernisation attendu par tous viendra donner un coup de pouce à des grandes communautés urbaines tels Mossendjo, Makabana, j'en passe, qui sont des grandes pourvoyeuses des grandes métropoles en termes de produits vivriers.

A noter que, la construction du  chemin de fer Comilog avait pour objectif de transporter le manganèse extrait de la région de Franceville, au Gabon, à Moanda. La voie ferrée rejoint celle du CFCO et Pointe-Noire, port ouvert sur l'Océan Atlantique. L'exploitation de cet important gisement de manganèse par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG), une société française, a débuté en 1953. La situation géographique de la mine, au milieu du pays, rendait problématique le transport du minerai. La Comilog a donc fait construire spécifiquement dans ce but, entre 1959 et 1962, une voie de chemin de fer.