La fête du 25 décembre n'a pas été belle au quartier Mayanga, arrondissement 8 Madibou, plongé dans le noir de 16 heures jusqu'à l'aube.

 

SNE

  Une vue  de la direction générale de la SNE à Brazzaville (Photo APA News)

Certainement , c'est pour plaire au chef de l'Etat et au peuple congolais que , des ministres, des acteurs politiques et des chefs d'entreprises surtout publiques ont choisi la communication démagogique. Cette arme idéologique à double tranchant, qui a déjà causé de nombreuses victimes dans notre pays continue à faire florès . Lors des évènements  sociopolitiques de 1997-1998, Bernard Kolelas, leader incontestable et incontesté du MCDDI, sur les antennes de RFI annonçait , tambour battant, que sa milice privée " les Ninjas" contrôlaient la ville de Brazzaville, alors que l'armée congolaise avait la situation en main.  Douze ans , après, c'est le ministre Zacharie Bowao, en charge de la défense nationale, qui vient sur les antennes de Télé Congo parler de "court circuit" à la place des déflagrations du matériel militaire de Mpila mettant le pays à feu et à sang. Et pas plus tard que, le 20 décembre dernier, c'est le directeur général de l'Energie Electrique du Congo (E2C), Louis Kanoha Elenga, qui est venu rassurer les Brazzavillois que les fêtes de fin d'années seraient éclairées.

La journée du 25 décembre, à la surprise générale, n'a pas été éclairée sur l'ensemble  de la ville capitale. A Madibou, arrondissement 8 de Brazzaville , les enfants ont passé la fête dans le noir. De 16 heures jusqu'à l'aube, le quartier Mayanga, Moussosso, pour ne citer que ceux-là, ont ressemblé aux jours ordinaires , les débits de boissons ayant fonctionné au ralenti à cause du courant électrique. Les parents qui ont fait des provisions pour les jours à venir n'ont eu que leurs yeux pour pleurer et le reste de la nourriture préparées a fini sa course dans les poubelles faute de conditionnement . Le comble du malheur est que, la nouvelle société , E2C, hérite des mauvaises habitudes de sa défunte SNE. Ce qui présage des lendemains non meilleurs. Qu'est-ce qui coûterait à la hierarchie de cette nouvelle société, que d'aucuns appellent SNE bis, de faire passer un communiqué radio-télévisé, en bonne et due forme, pour sensibliser les parents à pouvoir prendre certaines précautions, au sujet de la fourniture de l'électricié à Brazzaville.

Il n'est plus un secret pour les congolais, tout le monde, du pétit enfant au vieillard, sait que la Société Energie Electrique du Congo, est encore un bébé qui grandira peut être dans 5 ou 10 ans et l'on ne pourra pas lui demander de faire les miracles, mais le mieux serait de couper le cordon ombilical qui le lierait à sa défunte qui n'a été que l'ombre d'elle-même sur toute la ligne. Les congolais ont besoin des reformes, à tout point de vue, et l'électricité n'échappe pas à cette aspiration profonde, car, comme on le dit souvent, il est source de devéloppement. Les autorités de cette nouvelle société ont été , bel et bien compris pour avoir informé l'ensemble des Brazzavillois et des Pontégrins sur le plan de délestage de près de deux mois décrété pour la  rénovation de l’une des turbines de la centrale à gaz de Djeno afin de lui permettre de fonctionner de manière optimale et de fournir ses 300 MW de capacité nominale qui constituent 60% de la production électrique nationale.

Certes, la journée du 25 décembre est passée avec son cortège de bonheur et de malheur, mais pour la Saint Sylvestre, la fête de la bonne année, il n'est plus courtois pour la E2C de surprendre encore les Brazzavillois. A la vérité, il est impossible de donner de l'électricité à tous les quartiers de la ville capitale , mais la communication doit être de mise pour que les uns et les autres puissent prendre des précautions qui s'imposent . Faire cela, c'est respecter le droit du consommateur. De nombreux reproches ont été faits aux autorités de la E2C et surtout au ministre de l'hydraulique, Serge Zoniaba, d'avoir garder silence à propos de la situation actuelle du barrage d'Imboulou qui est en arrêt de fonctionnement à cause de la surtension sur la ligne qui relie le barrage hydroélectrique au transformateur Très  Haute Tension (T.H.T.) de Ngo. Et jusqu'aujourd'hui, aucune source officielle ne s'est prononcée sur la question et l'on ne sait pas exactement ce qui se passe réellement  sur le terrain.

A noter que, au Congo Brazzaville ,  l'électricité était géréé par la SNE (Société Nationale d'Electricité ). Chroniquement déficitaire, avec un réseau vétuste et une mauvaise gestion de l’électricité, cette société qui avait le monopole sur le transport, la distribution et la vente de ce produit a été dissoute recemment par le gouvernement et  remplacée par l'Energie Electrique du Congo (E2C) . Le taux de couverture du pays en électricité étant inférieur à 50% dans les villes et estimé à 5,6% en milieu rural, la nouvelle société devra s’atteler à améliorer le réseau de distribution national, qui ne couvre en grande partie que les principales villes du pays. Ce qui oblige la population rurale à recourir à des solutions alternatives comme le pétrole lampant et l’usage des groupes électrogènes .