Les serpents et autres bêtes domestiques errant à Brazzaville auront bientôt un nouveau refuge, celui du jardin de la préfecture, qui n'est plus entretenu depuis un certain temps.

le jardin de la prefecture de Brazzaville

 Le jardin de la Préfecture de Brazzaville sans son approprié

Au carrefour du Boulevard Alfred Raoul et de l’avenue Loutassi, suivant une orientation Nord–Sud, à l’instar de l’immeuble des Italien qui favorise l’exposition rationnelle des façades principales aux rayons solaires, se dresse l’hôtel de Préfecture de Brazzaville qui est un bâtiment de quatre étages de forme parallélépipédique en barre avec une verrière frontale.Ce bâtiment dont la monumentalité est marquée et accentuée par le granit de son revêtement de façade, est accessible par deux rampes et des marches donnant sur l’entrée principale qui est agrémentée par un jet d’eau frontal. Cette beauté architecturale s'exprime largement grâce à l'espace vert  érigé en face de lui .

Ce jardin  public situé aux abords du Boulevard Alfred Raoul, à quelques encablures des panneaux de signalisaton, commence à perdre son charme et son pittoresque. Les plantes sauvages qui parviennent à jaillir parfois sur le bord du trottoir qui le délimitent gênent désormais les brazzavillois qui viennent prendre de l'air et surtout les apprenants attirés par les lampadaires pour pouvoir faire leur lecture. Le soir, ce jardin grouille de monde, photographes et autres citoyens s'y retrouvent  en se posant pour l'éternité. 

Qui n'a jamais été fasciné par la beauté de ce paysage, ses herbes spontannées, qui la nuit tombée dégagent une couleur exotique se reflétant sur la bâtiment de la préfecture de Brazzaville, l'un des plus fréquentés de la ville capitale, car abritant les services  des migrations et d'emigration. Construit, en septembre 2011, à la faveur de la municipalisation accélérée, l'hôtel de la Préfecture transforme manifestement le  paysage urbanistique de l'environnement dans lequel, il est planté. Mais, après 8 ans, un relachement est constaté de la part des services municipaux des espaces verts qui semblent détourner leur regard sur le  jardin d'en face qui abrite, en même temps, la stèle érigée en mémoire des victimes de l'intolérance politique.

Ce joyau touristique,, qu'est le jardin de la Prefecture, sera bientôt partagé entre les paisibles citoyens et les autres bêtes domestiques errant  dans la ville de Brazzaville à la recherche d'un abri. Les usagers du rail et ceux de la route ne cachent pas leur désolation en voyant les touffes d'herbes qui encadrent désormais cet espace vert; Et si l'on y prend garde, il n'est pas exclu que des serpents  en profitent pour trouver des proies à broyer ou pour innoculer leur venin à ceux qui tenteraient de ménacer leur biotope.  Qu'on attende pas qu'un malheur arrive pour que le gazon et les autres herbes folles qui ont atteint des proportions inquiétantes ne soient taillés .

En dehors des bêtes, la sécurité des personnes est aussi menacée, en raison des bandits de grands chemins qui peuvent profiter de l'herbe sauvage pour assouvir leur sale besogne. Autre inquiétude est que, avec son état sauvage actuel, ce site ne renflouera plus les caisses de la municipalité, car il est parfois loué par des associations et ONGs pour des campagnes de santé, d'évangélisation et autres promotions diverses. Il est donc plus qu'urgent que la mairie de Brazzaville qui gère les espaces verts mette la main à la patte pour assainir ce lieu pour lui rendre sa beauté d'antan.  Les espaces verts, qu'on le veuille ou pas, constituent un élément essentiel de l’infrastructure urbaine pour un environnement vivable et durable.

Dans les autres cieux, les pouvoirs publics font des pieds et des mains pour promouvoir un urbanisme durable, car  accroître les espaces verts de ne serait-ce que 10% aurait en effet des répercussions économiques bénéfiques sous plusieurs angles, démontre une étude récemment réalisée par le cabinet  "Austerès" et commandée par l'union nationale des  des entreprises du paysage (UNEP) de France. Un appel a été lancé aux villes qui consacrent moins de 1% de leur budget annuel aux espaces verts, à s'engager plus franchement dans cette voie et 15 milliards d'euros seront consacrés d'ici à 2020 à l'objectif de développement durable en milieu urbain par le fonds européen de développement régional (FEDER). C'est autant dire que, ailleurs les espaces verts constituent une priorité des priorités.

A noter que, l’absence de réglementation et de législation adaptées, intégrées à un plan cohérent d’aménagement de la ville de Brazzaville, exposent les arbres urbains  et les espaces vverts au vandalisme . Pendant les  fêtes de Noel, par exemple, l'espace du Square Degaulle, jardin public situé en face du Lycée Savorgnan de Brazza, a été utilisé pour y implanter une kermesse, mais dont les stands, une semaine après, ont été détruits, certainement par la force publique.  Comme qui dirait,  les pouvoirs publics militent déjà pour la promtion d'un urbanisme durable.