Il ya de cela plus de deux mois que, les piroguiers ont mis la clé sous le paillasson dans l'arrondissement  8 Madibou. Un carton rouge brandi par les autorités locales . Une situation qui met à mal la population de cet arrondissement qui éprouve désormais toutes les difficultés du monde pour se mouvoir en direction des autres arrondissements de Brazzaville . Les arrêts de bus grouillant de monde, les bus et les taxis bus jouent au rançonnage en facturant désormais le ticket de transport à 250  au lieu de 150 FCFA. Une situation qui paralyse surtout les apprenants qui font leurs études à Kinsoudi, Bacongo et au centre ville.

la traversé du Djoué

         La traversée du Djoué par pirogue,le mode de transport le moins contraignant à Moussosso

Gabriel NSondé est un agent de prévention et de sécurité (APS). En temps normal,il prenait tranquilement sa pirogue à 6 heures du matin au prix de 50 FCFA pour arriver à son lieu de travail au centre ville à 7h via Kinsoundi. Avec son salaire de 60000 FCFA par mois, il a désormais des difficultés pour joindre les deux bouts du mois.L'interdiction des pirogues par les autorités locales l'oblige aujourd'hui de payer chaque matin la somme de 250 CFA  de son quartier Moussosso jusqu'au marché Total et ensuite prendre une autre correspondance à 150 CFCA pour le centre ville. Chaque jour, il débourse 800 FCFA, le double de ce qu'il paye d'habitude lorsque les pirogues sont opérationnelles.

A bord d'un bus ce matin du 22 avril 2016, il a partagé ses difficultés avec les autres passagers . Des difficultés qui sont devenues légions à l'ensemble de toute la population. Les mamans maraîchères semblent être les plus défaovorisées par cette situation. Les pirogues leur permettaient dès  4 heures du matin, raconte une Dame la cinquantaine revolue, et 30 minutes plus tard, elles mettaient le cap au marché bourreau pour écouler leur marchandise. Mais, aujourd'hui avec les difficultés de transport, leur colis est presque refusé par les transporteurs. Elles sont obligées à payer les courses de taxis jugées trop coûteuses et exigeantes avec la qualité des produits à transporter.

Les élèves et étudiants , pour leur part, sont sacrifiés par cette mesure. Désormais, il faut se reveiller à 4'h du matin et faire le pied de grue devant les satations de lavage traditionnelles de voitures et des bus pour pouvoir avoir une occasion et arriver à l'école à temps. Mais, dépenser chaque jour la somme de 1000 FCFA pour le fonctionnaire moyen qui a au moins une fiatrie  de 5 à 6 personnes est plus que suicidaire. De nombreux parents préfèrent garder leurs enfants à la maison, ce qui naturellement diminue les chances d'admission des candidats aux examens d'état. Aussi, au quartier Moussosso, les femmes en état de grossese éprouvent désormais de nombreuses difficultés pour atteindre rapidement les centres de santé.

D'après de nombreux témoignages, la mesure d'interdiction des pirogues est la conséquence du non respect des engagements pris par les piroguiers vis à vis des autorités locales. En effet, au départ fixé à 50 CFA, ce prix a été revu 2 fois à la hausse pour on ne sait quelles raisons raisons. Et pour ne pas rencontrer le refus des autorités locales, une promesse leur a été faite par les piroguiers de verser quelque chose à la caisse de la mairie locale chaque fin du mois. Le contrat a été conclu en bonne et due forme.Malheureusement,dans les faits,les piroguiers  n'ont pas tenu parole. Après 6 mois,les autorités locales ont tapé du point sur la table. Les négociations n'ont rien donné et cela au grand dam de la population qui ne sait plus à quel saint se vouer.

En dépit des difficultés éprouvées par la population pour se mouvoir, le dialogue reste la seule voie de sortie. Dans les autres autres quartiers tels Mafouta, Massissia, Kinsana, 17 Km , le problème ne se pose pas,  car ils sont desservis par la STPN. Contrairement aux quartiers Moussosso, Mayanga et Mantsimou non dessservis et dont la traversée par pirogue demeure le moyen le plus facile et le moins chèr. En attendant qu'une solution définitive soit trouvée,les autorités locales peuvent quand même ouvrir un petit couloir de deux ou trois pirogues pour permettre aux élèves et aux personnes malades de se déplacer à moindre coût. A défaut, faire un plaidoyer auprès de la STPN afin d'ouvrir la ligne 'Gare CFCFO-marché Mayahga-Agricongo' pour permettre à la population de retrouver le sourire après plus de 2 mois de calvaire.