La nouvelle route Makoua-Etoumbi distante de 98 km ouverte à la circulation récemment constitue pour les populations de la cuvette-ouest un grand facteur de développement qui devrait booster les échanges intercommunautaires. Mais, le constat fait par la presse, le 15 mars dernier au marché d’Etoumbi, semble faire exception à la règle,  en raison de la triste réalité observée sur le terrain.

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La communauté urbaine d’Etoumbi, hier enclavée, est désormais ralliée par une route bitumée en partance de Makoua, dans le département de la cuvette. Un tour éclair dans la communauté permet de voir quelques établissements commerciaux appartenant pour la plupart aux ouest africains. Les  quelques établissements publics qui bordent la route bitumée essaient de faire rayonner le visage de cette communauté. A l’image du siège de la mairie et de la sous-préfecture, sans oublier le CEG et l’hôpital, fruits de la municipalisation accélérée de 2012.

Mais, une chose écœure tout visiteur qui arrive pour la première fois à Etoumbi. Il s’agit de la situation du marché qui ne vit presque pas. L’impression qui se dégage est que la municipalisation de la cuvette-ouest n’est pas passée par là. Les journalistes qui ont pu toucher du doigt la triste réalité n’en revenaient pas de leurs propres yeux : étalages en bouts de bois, murs bâtis en matériaux non durables, toitures non couvertes en quelques endroits, couloirs étroits non éclairés,  risque d’effondrement grandissant… L’impression générale qui s’est dégagée durant la visite de la presse est que, ce marché ne vit presque pas. En dehors, des grillades et malewa rien de consistant. Même le gibier de brousse demeure une denrée rare. Et surtout pour le manioc, l’huile de palme et le poisson d’eau douce n’en parlant pas.
D’aucuns se sont interrogés sur l’utilisation dont les populations de la cuvette-ouest font de la Likouala aux herbes dont les poissons, semble-t-il, meurent de vieillesse, de la foret équatoriale regorgeant une faune et une flore riches en espèces et de leur nouvelle route bitumée désenclavant l'arrière pays. Telle que présenté, l’on se demande même si la municipalité d’Etoumbi tirerait quelque chose de substantiel en ce qui concerne les taxes et autres  redevances.
De l’avis de nombreux vendeurs, aucune autorité publique n’a jamais foulé le sol de ce marché qui, s’assèche comme une rivière en période d’étiage, en plein milieu de l’après midi. Selon certaines indiscrétions, les opérateurs économiques continuent encore d’hésiter pour investir dans la localité. En dehors de la route, ils émettent les vœux de voir le courant électrique arriver aux quatre coins de la communauté urbaine et le port fluvial être construit  pour suppléer la voie carrossable. Les autorités municipales ont là du pain sur la planche pour parer au plus pressé. Une communauté urbaine dépourvue d’un marché digne est comme une voiture en panne sèche.