La commission épiscopale Caritas Congo dans le diocèse de Kinkala, chef lieu du département du Pool, a publié un rapport de 31 pages signé par Mgr Louis Portella Mbuyu, Eveque de Kinkala, le 12 avril 2016, en vue d'évaluer la situation de " détresse des populations déplacées" suite à l'opération sécuritaire menée par la force publique au lendemain des "actes terroristes" des ex-combattants ninjas du pasteur Ntoumi le 4 avril dernier, dans les quartiers sud de Brazzaville. Cette mission a, au total, recensé 282 personnes déplacées de Mayama à Nkoué et à Kindamba.

les habitants du pool fuyant les les lieux des opérations militaires

         Les déplacés du Pool

L'opération sécuritaire menée par la force publique dans le département du Pool continue à défrayer la chronique. La Caritas Congo, la seule organisation humanitaire qui a été sur le terrain des opérations a rendu public son rapport . Après analyse des informations collectées auprès de ses relais dans les principales localités ayant subi des interventions  militaires, suivi des concertations avec le système des nations unies et le ministère congolais en charge de l'action humanitaire,la Caritas a entrepris une première mission d'évaluation des besoins humanitaires dans les districts de Kindamba et de Mayama. Selon, ce rapport, le choix de ces localités a été motivé par la présence des personnes déplacées dans ces lieux.

Le document précise, en outre,que la crise a touché directement plus de 2000 personnes, puisqu'elle concerne " Mayama centre et les villages environnant". Ce qui a permis de recenser " 282 personnes déplacées de Mayama ( 137 personnes à Nkoué et 145 personnes à Kindamba-centre".  En clair, d'après les explications fournies,  il s'agit de 101 personnes, soit 27 menages, à la paroisse catholique de Kindamba ; de 44 personnes, soit 8 ménages, hébergés par cinq familles d'accueil à Kindamba; de 136 personnes réunies en  27 ménages à l'école et à la paroisse catholique de Nkoué et une personne de 3 ème âge hébergée par le chef du village.La Caritas Congo souligne, par ailleurs, que les populations se sont déplacées dans plusieurs directions. Elle cite notamment les forêts environnantes, Brazzaville, Kindamba, Nkoué, autres villages des disticts de Mayama et kindamba.

 Dans le district de Mayama, le rapport fait état des témoignages recueillis auprès des personnes déplacées. Ceux-ci confirment les "pilonnages par hélicoptères sur la localité de Mayama centre"  et qui "n'ont occasionné aucune perte en vie humaine, aucun blessé grave, ni aucun disparu." Cependant, il est signalé deux blessés légers et une femme qui a accouché des jumeaux au cours du déplacement dont un a rendu l'âme. Ce rapport note également" une psychose généralisée dans les habitants de Mayama et de Kindamba". Psychose justifiée, selon le document, par la souvenance des effets de la guerre civile que le département du Pool a connu entre 1998 et 1999.

Placée sous la supervision du secrétaire général de Caritas,Alain Robert Moukouri, cette mission  a choisi comme méthoidologie de travail "  une démarche participative et interactive de toutes les couches sociales." La collecte des données, revèle le document, s'est faite suivant la démarche MARP basée sur des entretiens avec les déplacés et les autorités locales et l'approche Mira  qui est une évaluation rapide initiale en situation de crise , ceci pour consolider la collecte et l'analyse des données. A la fin de leur travail,  la mission de la Caritas Congo a fait quelques recommandations, en fonction des doléances émises par les déplacés. Il s'agit, en priorité du retour à la paix, de l'accompagnement des populations par des kits de retour notamment pour celles qui se réinstallent dans Mayama et de l'ouverture de tous les services publics ( écoles,santé,administration publique...)